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Quasi-résident : qui peut le demander, et jusqu'à quand ?
Il faut qu'au moins 90 % des revenus bruts mondiaux de votre foyer soient imposables en Suisse. Pour un couple, on additionne les deux conjoints — et il suffit d'un salaire français pour faire tomber le compte.
La demande se dépose avant le 31 mars qui suit l'année concernée. Elle est irrévocable pour cette année-là, même si le résultat vous est défavorable, et doit être refaite chaque année.
Ce que le statut vous ouvre : vos frais réels à la place des forfaits du barème — trajet, repas, 3e pilier, frais de garde, intérêts hypothécaires. C'est le seul chemin pour les faire valoir quand on est imposé à la source.
Des revenus bruts mondiaux imposables en Suisse
Calculé sur tout le foyer, conjoint compris.
Le dernier jour pour demander
Pour l'année précédente. Aucun rattrapage ensuite.
Le calcul des 90 %
Revenus imposables en Suisse ÷ revenus bruts mondiaux du foyer ≥ 90 %
On compte tout : salaires, loyers, revenus de placements, allocations, des deux conjoints, des deux pays.
C'est là que la plupart des dossiers tombent. Deux exemples publiés par l'administration genevoise elle-même :
| Situation | Part imposable en Suisse | Résultat |
|---|---|---|
| Personne domiciliée en France, avec des revenus français à côté | 75,64 % | Refusé |
| Couple dont le conjoint travaille dans le canton de Vaud | 68,18 % | Refusé |
Le deuxième exemple surprend tout le monde : le conjoint travaille bien en Suisse, mais dans un canton de l'accord de 1983, où le salaire est imposé en France. Ce revenu ne compte donc pas dans les 90 % — il joue même contre vous, puisqu'il gonfle le dénominateur.
Résultat : un couple dont les deux membres travaillent en Suisse peut très bien échouer au test, alors qu'une personne seule à Genève le passe sans difficulté.
Ce que le statut permet de déduire
| Déduction | Ce qu'elle couvre |
|---|---|
| Frais de trajet | Les frais réels entre votre domicile et votre lieu de travail, à la place du forfait |
| Frais de repas | Les repas pris hors du domicile pendant les jours travaillés |
| 3e pilier (3a) | Vos versements de l'année, dans la limite du plafond légal |
| Rachats de caisse de pension | Souvent la déduction la plus importante, et la plus oubliée |
| Frais de garde des enfants | Crèche, maman de jour, parascolaire |
| Intérêts hypothécaires | Les intérêts de vos emprunts, y compris sur un bien en France |
La rectification sert à réparer une erreur : un mariage non signalé, un enfant oublié, un mauvais code. Elle ne donne accès à aucune déduction.
Le statut de quasi-résident ouvre la taxation ordinaire, et donc les frais réels. Ce sont deux démarches différentes, souvent confondues — et elles n'ont ni les mêmes conditions ni les mêmes conséquences.
Pourquoi ça peut se retourner contre vous
Le statut ne se contente pas d'ajouter des déductions : il fait entrer tous les revenus du foyer dans le calcul du taux d'imposition, y compris ceux du conjoint et ceux de source française.
Autrement dit, vous gagnez des déductions mais vous montez peut-être de tranche. Pour un couple à deux salaires, ou avec des revenus locatifs, le résultat est souvent moins bon que l'impôt à la source. Et comme la demande est irrévocable pour l'année, il n'y a pas de marche arrière.
Faites la simulation avant de déposer, chaque année. Votre situation change — un rachat de caisse de pension, un enfant à la crèche, un conjoint qui reprend un emploi — et le statut peut être gagnant une année, perdant la suivante.
Et pensez à l'ordre des choses : les versements 3a et les rachats de caisse de pension doivent être faits avant le 31 décembre. Au 1er janvier, il est trop tard pour l'année écoulée, même si vous avez jusqu'au 31 mars pour la demande.
La démarche, en trois temps
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Rassemblez les revenus mondiaux du foyer
Tous les revenus bruts, des deux conjoints, des deux pays : salaires, loyers, placements, allocations. C'est le dénominateur de votre calcul.
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Vérifiez que le ratio atteint 90 %
L'administration genevoise met une calculette à disposition. En dessous du seuil, la demande sera refusée, et déposer quand même ne sert à rien.
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Déposez avant le 31 mars
Avec les justificatifs de vos frais réels. La demande vaut pour une année seulement, et elle est définitive une fois déposée.
Les trois erreurs les plus fréquentes
- Compter le salaire du conjoint vaudois dans les 90 %. Il est imposé en France, donc il ne compte pas — et il fait chuter votre ratio.
- Déposer sans simuler. Le statut est irrévocable pour l'année, même s'il vous coûte plus cher.
- Penser que c'est acquis une fois pour toutes. La demande se refait chaque année, et le droit se reperd aussi vite qu'il s'obtient.
Atteignez-vous les 90 %, et le statut vous ferait-il gagner ou perdre ?
Le mode frontalier de Heidi fait les deux calculs.
Le questionnaire, le régime applicable, les seuils et les échéances sont gratuits. Les montants chiffrés — net, cascade, coût du trajet — sont dans Heidi Plus.
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Sources
- République et canton de Genève — Déterminer le statut de quasi-résident
- Frontaliers Grand Est — Déductions fiscales et statut de quasi-résident
Page rédigée par l'équipe de Heidi et mise à jour le 13 novembre 2026. Le statut de quasi-résident concerne les personnes imposées à la source et domiciliées hors de Suisse ; les modalités et les formulaires relèvent de chaque canton. La décision appartient à l'administration fiscale cantonale.